Une franche claque sur la glace lisse,
Chaque membre brave le mouvement contraire.
Un élan, le cygne déploie ses ailes, contre l' air
Nage de longs huits, se décortique le cou
Reprend avec grâce son gabari naturel
Visionne un endroit à son goût
Maître des lieux, il se fixe à l' appel
Immobile, seuls brillent ses yeux de lys.
Les muscles de l' avant-bras sont des ressorts ;
Qui s' en approche chope le tournicoti.
Lui les transforment en vrille nébuleuse à l' infini.
Sa force bestiale est une mesure utile
Pour qui oublie la rondelle, pendant qu' il est habile !
Son espace à lui, comme s' il tendait ses deux bras
Toujours confiant, jamais las
Ni morfondu sur un mauvais sort !
Dans cette immense arène, l' étang se meut
Ainsi, moi, roseau, je m' émeus
A chaque malencontreux geste envers lui
Quand soudain on me demande
Je voltige et accoure vers celui
que j' aime ; sera-ce une amende ?
De m' être alors déclarée ?
Ne veut-il plus d' une passion vitrée ?
Quatre marches m' assurent d' une distance juste
Je peux distinguer la valeur de son regard
Il m' enlace ! Il sourit, je me réajuste
Il me baise tout le visage, je me sens en retard
Sa bouche amochée, un fruit à déguster....
Les yeux d' une tendresse éternelle
Se plissent tant il est heureux
Ebahie, je prends l' Amour pour nous deux
Dans tes bras valeureux s' ouvre l' arc-en-ciel
De toi, Prince, je m' éprends à t' aimer .
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