La proportionnelle

Samedi 8 avril 2006
Quand je pense que c' est ce même Mitterrand qui a ré-utilisé la proportionnelle, mais seulement pour avoir une majorité, dans son intérêt ! Car sinon, pourquoi l' aurait-il retirée ensuite ?? Sarkozy veut instiller doucement la proportionnelle au Sénat, comme j' ai compris, mais je ne sais pas dans quel but. Si c' est celui de faire diminuer les extrémismes comme dans ce qu' il dit pour le CFCM, dans son livre consacré à la laïcité. Fillon pense qu' il faut une majorité stable avant de mettre une proportionnelle. Pas facile. 5 millions qui ne sont pas représentés.... ça peut produire une deuxième tour similaire à 2002. Je sais pas. Pas de vue d' ensemble. Je crois que je vais m' acheter un livre sur les institutions, car on voit ce qu' il faut améliorer, mais on voit pas ce qu' il y a qui marche bien, ou quelle chose est à utiliser... Dans l' ensemble , je trouve plus sage mais pas moins réformateur ce que dit Fillon, moins d' intérêt politique, plus de vision d' ensemble, moins rattaché à la campagne présidentielle. Mais comme ça va avec Chirac, ça donne l ' impression qu' une réforme institutionnelle est impossible jusqu' à sa fin de mandat ! Assez révoltant.
Ferai ces prochains jours des comparatifs très simples pour voir qu ' est-ce qui s' encadre dans quoi, quel effet ça aurait, en suivant 3 politiciens : Fillon, Sarkozy et Balladur. Le plus dur à savoir c' est qui fait de la tactique pure et qui fait de la politique molle et qui fait de la politique !
 
N' hésitez pas à commenter, à me donner votre avis,  les commentaires sont ouverts je ne pratique pas la censure !
Par Marie
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Mercredi 26 avril 2006

Puisque beaucoup se réclament de l' esprit du Général De Gaulle, avec mon père et un prof d' histoire, on s' est demandé pourquoi les politiciens n' envisageaient pas la proportionnelle autant au Sénat qu' à l' Assemblée nationale, c' est-à-dire lors des législatives (qui devraient succéder les présidentielles) et des présidentielles.

En effet, De Gaulle, lors de la Libération, s' est retrouvé avec davantage que 5 millions de gens qui étaient dans des partis extrémistes. Ce grand esprit dont tous les politiciens de droite semblent se revendiquer, n' ont semble-t-il pas le même courage.

Est-ce à  penser qu' ils imaginent la V ème République comme un château de cartes plutôt que comme une pyramide solide ?

Ayant écouté les discours réformistes sur le site de l' UMP, j' ai trouvé certes très intéressant de voir les dysfonctionnements de l' institution, mais cela fait davantage penser à un lifting, à un toilettage de la pyramide par le haut. Certainement qu' il y a urgence à s' acheminer vers un régime présidentiel et à redéfinir le rôle du Premier Ministre engageant par là une fonction nouvelle du Président, mais comme les crises successives l' ont démontré, n' est-ce pas aussi un déficit de représentativité, de démocratie qui est en jeu, plus qu' une transparence et une responsabilité du Président ?

Si De Gaulle a mis en place cette V ème République, pourquoi n' aurait-il pas songé aux extrêmes ? Aurait-il eu peur de cela ? Nullement , la preuve il a su rassembler et faire taire les extrêmes. Faire trembler cet édifice, avoir un choc dans les colonnes, n' est-ce pas ce que les Français attendent ?

Le Pen et De Villiers se réjouissent de cette non-représentativité et se gardent bien de la réclamer, au nom d' un populisme qui permet l' adhésion facile de l' opinion dans leurs rangs. Ils sont cachés, ne montrent pas le nombre de nouveaux adhérents. N' est -ce pas la solution la plus facile, de laisser un régime de parti, qui fait le lit de ces extrêmes ? Est-ce cela la marge qu' on leur laisse ? C' est une liberté bien opportune pour eux, et Le Pen profite de cela, il sait assez qu' il sera présent au second tour. C' est un argument essentiel pour eux que d' affirmer que le Gouvernement est contre vous, et que le citoyen n' a plus sa parole, qu' on ne l' écoute plus, qu' il n' a plus de légitimité... Alors pourquoi laisser grandir ces champignons ?

Sarkozy pour le moment tente de faire revenir l' électorat : sera-ce suffisant ? Est-ce qu' à l' approche de l' échéance électorale, lorsqu' il aura récolté le plus d' électeurs FN et Villiers chez lui, annoncerait-il ce mode de scrutin dans son programme ? Est-ce que Chirac le fera ? Que fera le Gouvernement ?

Comme j' ai vu, le vote blanc est permis mais pas validé, c' est-à-dire qu' il a autant de "valeur" qu' un vote nul (=c' est un vote où on a fait faux, ou mis injure ou autre...) ! Si un politicien le validait, peut-être les électeurs auront-ils le choix,celui de ne pas trancher, de ne pas choisir, et ne voteront pas Le Pen .

Réformer par le bas...Faire tomber les masques !  Les extrêmes, obligatoirement, s' effaceraient, car les gens se rendraient compte de l' inapplicabilité de certaines propositions, du caractère fallacieux des propos. Les extrêmes se confronteraient à la modération , à une équipe soudée gauche-droite (ne rêvons pas trop) !

Et c' est ce qu' a écrit Sarkozy en 2002 dans le livre " La République, les religions, l' espérance " qui est également convaincant, bien que ses propos reféraient aux intégrismes installés au Conseil Français du Culte Musulman (p. 100-101-102-103 en livre de Poche). Extraits :      " Un discours radical intégré à une instance républicaine n' a aucune chance de prospérer. Le discours radical ne peut prospérer qu' en dehors du sentier républicain, quand il n' a pas à supporter la confrontation des idées. A partir du moment où vous faites vivre le dialogue, c' est toujours le plus extrême qui a tout à y perdre. Ce qui est difficile avec les extrémistes, c' est de les amener à la discussion. Une fois que le débat commence, la liberté emporte tout. D' ailleurs, les vrais radicaux ont refusé de participer au CFCM, de crainte d' y perdre "leur pureté", la fameuse " pureté dangereuse". "D' abord, je relève que l' émergence d' un fondamentaliste musulman dans notre société procède avant tout de la clandestinité, de la non-reconnaissance de l' islam comme religion de France..."

Chez nous, l' UDC, dès qu' elle a eu des sièges, elle a commencé à perdre de son "aura". Et avec la règle de la collégialité...

Un cataclysme certainement nécessaire qui sauverait la cinquième République ! Ensuite, arranger le haut .

Par Marie
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Lundi 1 mai 2006

La situation de la V ème République va encore s' empirer avec ce que j' ai appris ce matin en prenant café-pain au chocolat noir + 5 clopes et 26 aspirations de fumée ;-).

Dans ce récent article, j' avais dit que De Gaulle avait su rassembler. Lors de la discussion avec mon père et le prof, moi j' ai compris qu' il avait mis la proportionnelle à la Libération ! Quelle cruche !  Or, NON,  (pardon De Gaulle) le premier à l' avoir utilisé c' était Mitterrand, et ceci, non pas pour rassembler, mais pour diviser encore mieux la droite de l' époque. C' est comme si Sarkozy diviserait la gauche, mais il n' a pas besoin de le faire, puisqu'elle est déjà effritée et qu' on assiste bel et bien à un feuilleton.

De Gaulle a donc rassemblé les partis et constitué ( tiens, ce mot prend un sens ) une majorité. Le contexte était bien différent, c' était le sauveur et les gens étaient avec lui pendant la guerre, c' était l' homme du 18 juin.

Donc, c' est bien la preuve que la V ème République a duré et qu' il en faille une sixième ou une cinquième bis. Le système a duré et on voit aujourd' hui transparaître cette crise de régime et cette nécessité de réformer l' institution.

Mais là où cela pourrait changer, ce serait d' utiliser cette proportionnelle (instillée) de la manière la plus contraire à ce qu' a fait Mitterrand. Qui voudra perdre des sièges de députés ? Qui voudra encore et toujours défendre son pré carré ? Toujours pour les mêmes raisons que j' évoquais (tomber masque), ce serait une occasion pour Chirac de proposer un référendum clair sur la question de savoir si les Français voudraient de la proportionnelle ou non. Voilà aussi là, l' année utile. Ou alors que les partis se mettent d' accord, ce qui paraît peu probable.

La France n' est plus une puissance qui pèse, l' économie va mal. Pas de représentativité pour les seuils de 5-10 % qu' on pourrait exiger lors de la proportionnelle. L' affaire Clearstream , le CPE et le reste découragent les citoyens. La politique de co-développement n' est pas claire : pourquoi Sarkozy n' a pas été plus loin lorsqu' il a parlé de l' immigration ? Pourquoi affirme-t-il à titre personnel être pour le vote des étrangers aux élections locales ? Pourquoi parle-t-il de mettre un peu de proportionnelle qu' au mois de janvier ? Moi je pense que c' est parce qu' il voit bien que des cris se feraient alors entendre.... C' est pour cela que parfois je me pose des questions sur sa stratégie.

Donc une réforme des institutions comme le voit Fillon ou Sarkozy ou Balladur est très importante, et pardon d' avoir parlé de lifting, j' ai jugé trop vite, mais si le peuple le décidait par la proportionnelle grâce à Chirac, cette réforme serait davantage légitimée par la suite. Par le bas !

2007 sera véritablement une date historique .

Par Marie
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