Juste une pensée pour lui, car je viens juste de recevoir un courriel de lui me montrant son entreprise informatique monter. ça doit faire 2 ans que j' ai pas de nouvelles, et n' en attendais pas d' ailleurs.
Gregor n' a pas été juste un passage. J' errais dans les rues genevoises, et lui m' a prise pour une clodo au début.
C' est vrai que j' ai l' air un peu vagabonde, ne sachant pas toujours où aller et attendant parfois de grands bras pour m' y réconforter.
Il faisait un froid horrible, il fallait traverser ce pont avec une bise qui vous traversait les vêtements et glaçait les os.
Combien de fois avons-nous échangé quelques pensées profondes, existentielles, sur la nature de l' homme et la compréhension du monde, autour de verres d' alcool forts, beurk.
Sensibles , les coeurs à vif, marqués par les expériences de la vie, on essayait parfois de se concurrencer dans le malheur de nos vies. Lui avait connu toutes les couches sociales, du plus bas au plus haut, et il aimait plus que tout parler avec les gens.
Moi je l' écoutais, et des fois je le trouvais orgueilleux. ça m' est souvent arrivé avec les mecs, cette forme de plus d' expérience , de supériorité soit parce qu' ils étaient plus âgés que moi, soit pour des raisons obscures, ou soit parce que je refusais de grandir.
Gregor ! Une âme de poète !
Finalement, je crois que c' était le plus désintéressé des hommes que j' ai connus. Un qui ne parvient pas à vous sauter dans un hôtel. Ma chute est basse yes...
Et comment ne pas me rappeler l' effet qu' on produisait à chaque fois qu' on rentrait dans ce bar ? On a souvent dit qu' on formait un très beau couple, mais on n' était pas ensemble, car Gregor et moi, on était libre avant tout ! On se marrait ! Que nous importait que les gens sachent ou non la vérité sur nous ? On faisait croire que c' était vrai et ça nous réconciliait un peu avec les bonnes intentions des gens ! Gregor était plus acide et pessimiste que moi à ce sujet. Ou voulait-il le faire croire.
Mais ces instants d' admiration des autres et le sentiment qu' on pouvait apporter du bonheur juste en faisant croire qu' on était ensemble m' apportait une joie printanière ! Et j' essayais de m' imaginer ma mère aux côtés de mon père, comme ils étaient bien ensemble, avant que... ! Alors je savais que moi aussi, j' aurai (s) un jour, droit, à être heureuse .
Ce serait peut-être pas Gregor, mais je n'avais qu' à attendre et cela adviendrait !
A présent, j' avoue ne plus trop savoir...

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